ACCUEIL du site Bibliothèque des Parents Chronique de la Vie Ordinaire
   

CHRONIQUE DE LA VIE ORDINAIRE

C
H
R
O
N
I
Q
U
E

D
E

L
A

V
I
E

O
R
D
I
N
A
I
R
E

CHRONIQUE DE LA VIE ORDINAIRE











CHRONIQUE DE LA VIE ORDINAIRE

C
H
R
O
N
I
Q
U
E

D
E

L
A

V
I
E

O
R
D
I
N
A
I
R
E


CHRONIQUE DE LA VIE ORDINAIRE












CHRONIQUE DE LA VIE ORDINAIRE

C
H
R
O
N
I
Q
U
E

D
E

L
A

V
I
E

O
R
D
I
N
A
I
R
E


CHRONIQUE DE LA VIE ORDINAIRE

       

Lire & RéCréer, ça commence mal ! chronique de la vie ordinaire

Le Net : Traité de savoir-vivre et Net Etiquette
ou : Ce que devrait savoir tout Internaute avant de toucher un ordinateur.
http://www-inf.enst.fr/~vercken/netiquette/netiquette.html

Pour une chronique de nouvelle année, ça commence mal.
Les habitués de Lire & RéCréer ont dû remarquer que j'ai parsemé du logo
IDDN la plupart des portails, pour afficher répétitivement, voire agressivement,
le dépôt légal du site, le tout accompagné d'une phrase lapidaire qui pourrait
encore se résumer à : " touche pas, je mords ! "
J'ai détesté le faire parce que d'une part, je n'ai pas foncièrement la tripe mau-
vaise, et que, d'autre part, cela flanque mes mises en page, en l'air. Mais enfin,
mieux vaut prévenir que guérir, enseigner en amont, plutôt que punir en aval.

Je suis fatiguée par les pillages de textes et d'images auxquels je dois régu-
lièrement faire face, ainsi que par ceux, trop nombreux, dont on se plaint
autour de moi.
Noël fut une apothéose. J'ai dû râler pour récupérer un conte et une chronique.
Ce qui est peu. J'ai eu de la chance, par rapport au webmestre d'un autre site
qui a découvert, à sa grande surprise, un de ses contes de Noël sur un gros
site marchand, et sept autres sur le forum d'une association qui a pignon sur
rue. Je précise que dans tous les cas il s'agissait de textes originaux, et qu'à
chaque fois, les sources : nom de l'auteur, nom et url du site éditeur, première
date de publication, étaient soigneusement effacées. Dois-je ajouter qu'aucune
autorisation n'avait été demandée, ou est-ce superflu ?

Je suis fatiguée de recevoir quelquefois des commentaires justificatifs assez
retors, motivés sans doute par la vexation d'avoir été pris la main dans le sac,
dont la malice n'a d'égale que l'hypocrisie :
- Nous pensions vous faire de la publicité.
(En gommant les sources, je me
..demande comment ?)

- Si vous n'êtes pas contente, vous n'aviez qu'à ne pas publier sur Internet.
..(En gros, c'est de ma faute. Il ne faut pas faire envie, en somme.)
- Je n'avais pas de mauvaises intentions, c'était pour partager de belles histoi-
..res avec les autres. (Amen ! La messe est dite. De simples hyperliens, rapi-
..des, pratiques, menant directement sur Lire & RéCréer, suffisaient pour
.." partager " les histoires et respecter les copyrights lisiblement affichés.)

C'est ainsi qu'en vous baladant sur la Toile, vous trouverez bien souvent, sur
un sujet donné, la même page anonyme, dupliquée à cent exemplaires, avec
parfois ses erreurs grossières et ses multiples fautes d'orthographe, fidèlement
reproduites. Naturellement, personne ne saurait dire qui était au départ de la
poule ou de l'œuf...

A ce sujet, il apparaît que la prolifération des blogs est une calamité, de quoi
vous donner le tournis.

Et pourtant les 7ème et 8ème commandements du Computer Ethics Institute
disent :
- Tu n'utiliseras point les ressources d'autrui sans autorisation.
- Tu ne voleras pas la propriété intellectuelle d'autrui.
Un rêve !

Pour me résumer, je dirais qu'il fallait, jusque là, se méfier des forums mal
tenus, où n'importe qui peut copier/coller n'importe quoi sous un fallacieux
prétexte de communication, il fallait surveiller les sites personnels obstinément
stériles, dont la seule chance d'enfanter le moindre contenu est l'adoption sous
x du vôtre, maintenant, il faudra aussi gérer les blogs et la morale élastique de
leurs propriétaires, ou leur ignorance pure et simple de la Net Etiquette.

Je veux aborder un instant cette notion de gratuité propre à l'Internet. Cette fa-
meuse gratuité qui incite à voir le Net comme un vaste self-service...
Cette récurrente gratuité qui pousse à croire que l'ensemble des éditions litté-
raires et graphiques du Web ne vaut pas tripette : " Si cela valait quelque chose,
ce serait payant " c'est pourquoi, quelque part, on peut se servir à pleines
mains.
Mais les créations ne sont pas faites pour dormir au fond d'un tiroir. Créer sans
jamais pouvoir, ou oser, se confronter au regard des autres est stérile. L'ordi-
nateur, la Toile, sont des outils majeurs de communication, d'ouverture aux
autres. Choisir de s'exposer gratuitement sur Internet n'est pas un signe
patent de ratage.

Penser le contraire, c'est oublier que beaucoup de personnes écrivent et
dessinent avec talent, mais qu'un nombre infime d'entre elles vivent de ce
talent, et que quelques unes seulement en survivent. C'est oublier que l'im-
mense majorité des créateurs ont des métiers " nourriciers " en dehors de
leur passion. C'est oublier que les maisons d'édition sont sursaturées d'offres
de service. Enfin, c'est oublier qu'il y a très peu d'appelés et encore moins
d'élus aux grands prix littéraires qui offrent la gloire et la fortune.

Si je considère la production papier qui est payante : les Harlequinades, les
livres de confessions intimes, les revues coquines, les revues de sport, les
livres de recettes, ceux de régimes, les guides touristiques, les bons plans,
les astuces pour les nuls, les journaux à sensation, les romans, les pièces
de théâtre, la vulgarisation scientifique, la littérature pour enfants, et que je la
mets en balance avec la production Internet, je dirais qu'on y retrouve à peu
près les mêmes rubriques, lesquelles, qualitativement, se ressemblent étran-
gement :
il y a 80 % de nullité, 10 % de médiocrité, 9 % de bonté, 1 % d'excellence.

Par conséquent, j'en déduis que, concernant l'édition papier, à 90 % on abat
des arbres sans nécessité, et, concernant l'édition Internet, les réseaux sont
inutilement engorgés dans la même proportion. Cela dit, dans un cas comme
dans l'autre, il reste ces 10 % de découvertes intéressantes dont nous ne
saurions nous passer.

Dans ce vaste débat qu'est la gratuité sur la Toile (je parle de consultation gra-
tuite, de lecture gratuite, et certainement pas d'utilisation ouverte à tous vents),
la question n'est pas de savoir si ceux qui déboisent à blanc l'Internet sans se
lasser, sans jamais replanter, le font par inconscience plus que par mauvaise
foi, par native paresse plus que par duplicité. Il ne faut pas se demander si le
dessin détourné casserait trois pattes à un canard, ni si le texte volé est im-
périssable ou pas. La question n'est pas d'ergoter sur la propriété intellectuelle
d'un auteur dont les textes, talentueux ou pas, sont déposés et dont le copyright
est clairement affiché.
Pas plus qu'on ne peut remettre en question le fait que cet auteur accepte
d'être publié gratis pro deo sur un site très précis qu'il connaît, et pas sur trente
six autres, qu'il ne connaît pas, lesquels, de toute façon, ne rendront jamais à
César ce qui lui appartient, c'est-à-dire, justement, cette fameuse propriété
intellectuelle que j'évoque, et qui représente, en l'occurrence, son seul retour
sur investissement.

La seule vraie question à se poser est : quand est-ce que ceux qui n'ont rien
à dire fermeront leur clapet plutôt que de dupliquer à l'infini, comme des
photocopieurs, ce que créent les autres, en les dépouillant de leurs oeuvres ?
Ensuite et surtout, hormis les malfaisants précités, comment apprendre la
Net Etiquette et le sens du mot copyright aux ignorants de bonne foi et aux
nouveaux venus sur la Toile ? En bref, comment s'arranger pour qu'Internet
demeure un espace de liberté bien fréquenté, un creuset d'originalité, une
mosaïque de créations, une source d'entraide ?

Non seulement le problème est ardu, mais avec la venue prochaine à l'infor-
matique de nombreux pays, il devient urgent de créer une charte officielle de
l'Internet et des Internautes, dont la Net Etiquette serait la base. Si nous consi-
dérons l'Internet comme un royaume sans frontières, sans distinction de
couleur de peau, de religion ou de politique, cette charte, traduite en autant
de langues qu'il le faut, serait commune à tous.

Le double avantage d'une telle charte serait d'une part, qu'elle fédérerait les
internautes des pays où les droits à la propriété intellectuelle des œuvres de
l'esprit ne sont pas reconnus, d'autre part, elle donnerait aux publications
Internet les mêmes lettres de noblesse que celles dont jouissent les livres.

Il ne serait même pas totalement sot de penser se mettre en cheville avec
des fabricants de soft et de hard, tels que Microsoft, Mac Affee, IBM, et autre
Toshiba, afin qu'un dépliant contenant cette charte officielle soit fourni avec
chaque logiciel, chaque ordinateur vendus dans le monde.

Mais de toute évidence, un tel travail de fond, un tel réajustement du mode
d'utilisation du réseau, un tel respect mutuel, ne peut se concevoir que si
chaque responsable de forum, de blog, de site, applique en tout premier lieu
cette charte.
Ceci implique de ne plus trouver, sur certains forums, des banques d'images
originales et copyrightées, prises sur différents sites, dont les serveurs de ces
sites fournissent l'énergie de l'affichage, juste " pour faire joli " sous les pseudos
des utilisateurs de ces forums. Ce ne sont pas les utilisateurs qui sont fautifs,
mais les créateurs de ces forums.
Ceci implique, pour les administrateurs de forums, de ne pas permettre l'affi-
chage instantané de longs textes, mais d'en différer la diffusion après en avoir
vérifié la source. Il suffit souvent de copier/coller le titre, ou la première phrase
d'un texte sur la fenêtre de recherche de Google, pour savoir s'il a déjà été
publié et où.
Ceci implique, pour les webmestres de sites personnels, de blogs, de se limiter
aux textes libres de droits, à leur stricte production, à celle des éventuels parti-
cipants au site ou au blog, et encore… après avoir vérifié, là aussi, qu'il n'y a ni
plagiat, ni copie.

Tout ceci implique beaucoup de travail, de patience, de pertinence, de dévoue-
ment, contrairement à ce que pensent ceux qui font " mumuse " sur Internet.
Ceux-là, en se multipliant, en continuant à ne pas endosser toutes leurs res-
ponsabilités, en ne se formant pas, en ne formant pas ceux qu'ils sont censés
chapeauter, découragent déjà, ou décourageront, à plus ou moins long terme,
les bonnes volontés et, pire que tout, tueront toute forme d'originalité.

© Catherine Bastère-Rainotti - tous droits réservés, reproduction interdite.
Chronique de la Vie Ordinaire - première publication mercredi 11 janvier 2006

   
ACCUEIL du site Bibliothèque des Parents Retour aux Chroniques