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Chroniques de la Vie Ordinaire

 

lirecreer.org - les Chroniques de la vie ordinaire

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        TRANCHES DE VIE
Voici quelques séquences de vie qui m'ont amusée, distraite, ces dernières
semaines. Elles n'ont pas de relation entre elles, ce sont plutôt des instantanés
posés l'un en dessous de l'autre.

INITIATION
- Arrête de râler, pleurnicheuse ! Avec toi, le voyage c'est toujours pareil...
..Jamais contente : Maman on roule trop vite... Maman une tortue arriverait avant
..nous... Tu es invivable à la fin !
- Invivable, moi ?! C'est vos voyages qui sont invivables, le voyage comme çà
..c'est rasoir à mourir. Le voyage, tu parles ! Aller chez tata, allez chez tonton...
..Mon oeil !
- Le problème avec toi ma fille, c'est que tu ne sais pas profiter de la vie. Profite
..au moins du paysage. Lâche-moi un peu et regarde un peu les autres. Profite…
- Ben voyons ! Profite ! De quoi ? De Bidule qui se prend pour le roi des motards
..ou de l'autre, le penseur de Rodin qui joue les philosophes sur ce mur ? Il ferait
..bien de sauter tellement il ne sait pas quoi faire de son temps. Ah ! Tiens, peut-être
..cet arbre rasé aux trois quarts...
- Tu vois, quand tu veux, tu fais des réflexions ! Voilà, tu progresses ma fille, continue.
..C'est bien...

Texte de Mohamed Jarouih copyright 6 octobre 2004

LES CHAUSSURES
Ils entrent dans le magasin. Deux Solognots chenus, hors d'âge. Lui devant, elle
humblement derrière. Ils sont habillés en dimanche bien que ce soit mardi parce
qu'ils sont à la ville. Elle a les cheveux mistifrisés et c'est Jeannine, la bonne faiseuse
de par chez elle, qui les lui blondit. Lui porte sa meilleure gâpette. Ils trottinent vers
une vendeuse. Tandis qu'il s'assied en soufflant, elle reste debout, vigilante.

- Et ce s'ra quoi pour votre service ? demande la vendeuse.
Comme il reste muet c'est elle qui prend la parole.
- Ses chaussures se décollent. On voudrait les mêmes en plus solide.
- Le même modèle, et en quelle taille ? s'enquiert la vendeuse, concentrée.
- Pas le même modèle. Çui-ci on l'a acheté ici et maintenant il se décolle. Pourtant
..on l'a acheté y a guère. On veut le même genre qui se décolle pas et en 42, répond
..la Solognote, péremptoire comme une à laquelle on ne la fait pas.

Lorsque la vendeuse revient elle sort triomphalement d'une boite en carton exacte-
ment les mêmes chaussures-bateau que le vieux porte aux pieds, sauf qu'au lieu
d'être beige elles sont marron foncé, seulement elles sont, paraît-il, en " cuir gras. "
- J'ai trouvé ! Le même genre, comme vous le vouliez et en cuir gras. C'est solide,
..ça, le cuir gras.
- Et qu'est-ce que c'est donc, le cuir gras ? s'informe la vieille.
- Heu… C'est du cuir gras, voilà. C'est-à-dire qu'au lieu d'être sec, il est gras.

Une si belle et si bonne explication du cuir gras méduse l'ancienne qui ne trouve
rien à répondre, pour une fois. C'est alors que profitant de cette brèche de silence
son époux la ramène :
- Mais moi je veux pas du marron, je veux du beige, c'est autrement plus joli.
Elles se retournent vers lui, suffoquées, sa femme et la vendeuse. Les sourcils
haussés sur le front elles le regardent comme s'il avait émis une grosse cochonnerie.
- Mais allons, pas du tout ! tranche la veille. Le marron en cette saison c'est plus
..endurant au mal. Il faut du marron. Tiens ! déchausse-toi, mademoiselle va t'en
..passer une, tu verras.

Lui se déchausse, vaincu, et pendant qu'on le rechausse de neuf sa femme s'ap-
proche de la vendeuse et lui redit que cette fois, elle espère que c'est du définitif,
ces chaussures. Parce qu'enfin les autres ils les ont depuis peu. Pas peu, peu, peu,
non, mais enfin pas long. Un an, en somme. C'est quand même bizarre qu'elles se
décollent. Est-ce que la vendeuse peut lui promettre que le cuir gras… Et comme la
vendeuse promet tout ce qu'on voudra, ça fait quarante-trois euros, merci madame,
au revoir monsieur, au plaisir.
Ils sortent du magasin. Deux Solognots chenus, hors d'âge. Lui devant, elle humble-
ment derrière.

Texte de Catherine Bastère-Rainotti copyright 6 octobre 2004

PAROLES HISTORIQUES
" Est-ce que vous avez aussi des Noirs, chez vous ? " W. Bush, Président des
Etats-Unis, à José Serra Lula, Président du Brésil - novembre 2002.

" Il est URGENT de ne pas paniquer. " Gerhard Schröder, Chancelier Fédéral
allemand, le 28 septembre 2004 au sujet de la raréfaction du pétrole et de l'aug-
mentation du prix du baril.

" Je regrette de m'être trompé sur la présence d'armes de destruction massive en
Irak, mais je ne regrette pas d'avoir contribué à arrêter Saddam Hussein. " Tony Blair
au Parlement de Londres le 28 septembre 2004.

" J'aime beaucoup les toboggans ! " Jacques Chirac en public, je ne sais plus quand.
 

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